
Tout se passe sur un quai de gare d’où un train doit partir pour l’Angleterre.
Deux clandestins se faufilent pour tenter de sauter dans un wagon et rejoindre ainsi «l’eldorado». Un Écossais, sa fille, un homme d’affaires français et deux vieilles ladies attendent déjà ce train qui n’arrivera pas en raison d’une grève surprise. Mais peut-être un service minimum sera-t-il assuré ?…
Ce simple incident va dérégler la mécanique bien huilée des relations sociales, dévoilant à la faveur du huis clos où les protagonistes sont enfermés, le cœur de l’humain dans ce qu’il a meilleur… et de pire. Une comédie sans parole, dans le pur style burlesque cher à la compagnie Fiat Lux, sur fond d’immigration clandestine, qui interroge les ressorts des relations humaines et évoque la rébellion d’une jeune femme musulmane face à son frère et à la tradition qu’il incarne.
"...Comédie burlesque sans paroles, Strike est un spectacle surprenant... Cette pièce, que nous pouvons qualifier de loufoque est la rencontre d'un humour anglais à la "Chaplin" avec le rayonnement scénique de la commedia dell'arte. Avec une mise en scène dynamique, des acteurs dirigés de manière remarquable, des mouvements et des gestes ordonnés dans un espace bien géré, cette pièce est visuellement très jolie... Une nouvelle réussite pour la compagnie Fiat Lux".
La Provence - Avignon - juillet 2006
"...La mise en scène est particulièrement drôle, fait preuve d'une créativité remarquable, et on l'aime pour ça. Notamment lorsque l'Ecossais utilise un narguilé comme cornemuse, ou que sa fille, pin-up à mini-jupe, se fait les ongles dans le composteur orange Sncf. Les thèmes abordés n'en sont pas moins graves mais traités sans tomber dans le tout noir - tout blanc... Cette découverte du festival, accessible à tous, n'en reste pas moins très belle".
Benjamin Bassereau - Ouest France - Lanester - juillet 2005
"...Un nouveau spectacle de Fiat Lux est chaque fois un petit évènement. "Strike", toute dernière création de la compagnie briochine, semble promis à un aussi bel avenir que "Nouvelles Folies". Mardi soir, les spectateurs de la Passerelle n'ont pas boudé leur plaisir. "Strike" - qui signifie "grève" dans la langue de Shakespeare - a pour cadre la gare de Calais.
Sur le quai patientent un couple de touristes écossais typiques, deux vieilles anglaises tendance Margaret Thatcher et un homme d'affaires pressé et irascible. Tous font le pied de grue, relativement indifférents au sort de leurs congénères, en attendant l'arrivée du Paris-Londres qui doit leur permettre de regagner la perfide Albion. L'arrivée d'un homme et d'une femme, candidats à l'immigration clandestine, va rompre l'ordre établi. Le couple focalise sur lui l'animosité des passagers excédés du retard puis de l'annulation du train pour cause de grève. A cause de cette promiscuité forcée, les différents protagonistes vont s'affronter, se détester avant de trouver, finalement, un terrain d'entente cordiale. Un "gentleman agreement" de quelques heures qui prendra fin avec l'arrivée du train. Que ne pourront pas prendre les clandestins, laissés à quai... Une fin qui justifie le sous-titre de la pièce : "Le grain de blé a toujours tort devant la poule".
Le thème de cette pièce est sérieux et, à priori, peu propice à l'humour. Didier Guyon, auteur, metteur en scène et acteur de Fiat Lux, parvient pourtant à nous faire rire. Même si ce rire est épisodiquement jaune. Pour réussir à s'amuser, le chef de troupe utilise tous les aspects du burlesque : la poésie de Tati, les expressions à la Tex Avery, le non sens cher aux Britanniques. Mélanger le tout et vous obtenez "Strike", un spectacle dans lequel Didier Guyon déjoue certains lieux communs (l'étranger voleur, terroriste et responsable de tous les maux) tout en dénonçant la condition de certaines femmes musulmanes. Il le fait avec humour, enrobé dans des gags parfois cyniques. Il n'est pas toujours besoin de paroles pour se faire entendre."
Samuel Uguen - Le Télégramme - Saint-Brieuc - février 2004
"...Le théâtre visuel est entièrement contenu dans les corps des acteurs et c'est aussi l'espace qu'il y a entre les acteurs. C'est de cette tension que naît le jeu et que se révèle le sens. Les corps sont les projections de l'âme. Ils révèlent la pensée. Le regard est le verbe...Le quotidien des deux-sans papiers devient, l'espace d'une nuit, le lot de ces Européens, piégés par cette grève surprise. Inconsciemment tous s'humanisent, accueillent l'autre, différent. ...Strike ? Un résumé au vitriol de la vie quotidienne dans certains pays en voie de déshumanisation flagrante. Des maux remarquablement dénoncés sans un seul mot par Fiat Lux. Chapeau ! "
L'Eclaireur - Châteaubriant - janvier 2004
"...Une grève imprévue va transformer un paisible quai de la gare de Calais, avec distributeur de boisson bien capricieux et ses deux bancs en bois, en une scène de théâtre...Ce style de théâtre muet et burlesque montre qu'on peut râler sans rien dire et qu'ici, souffler, c'est jouer. L'expression scénique l'emporte. Le déplacement des artistes, sous des airs de danse improvisée, ne laisse aucun droit à l'erreur, c'est un jeu collectif de comédiens. On va, on vient sur scène dans un rythme effréné entraînant l'imagination du spectateur tout en lui rappelant quelques situations vécues plus ou moins à son aise. On arrive même à la précision de l'équilibriste. Au fur et à mesure de l'attente, les personnages se révèlent aussi dans la promiscuité ; ils révèlent leurs faces cachées jusqu'au départ des voyageurs. Laissant à leur destin les deux sans-papiers, ils auront vécu l'espace d'une nuit les affres d'une grève surprise. "
Presse Océan - Châteaubriant - janvier 2004