Voyage en Afrique, l'extra balle - La presse

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(...) Texte émouvant, touchant et drôle
Ouest France - 2 octobre 2009


Des témoignages réels et poignants (...)
Le Télégramme  - 10 octobre 2009


Extra-Balle. Un séjour en Afrique pour rebondir

Extra-Balle, structure d'accueil non traditionnelle pour jeunes en difficultés, basée à Ploumagoar, près de Guingamp, fêtera vendredi ses dix ans d'existence. Son fil conducteur, les séjours de rupture en Afrique.C'est seulement parce que ça ne fonctionne pas ailleurs que la solution Extra-Balle peut être proposée à des jeunes âgés de 13 à 17 ans, garçons ou filles venant des cités de toute la France. Un parcours chaotique, déscolarisés, sans projet, ils sont la plupart du temps passés de famille d'accueil en famille d'accueil, de foyer en foyer.

Le juge des enfants a dit stop

« Je sentais bien que je déconnais, à cause de mes problèmes de famille. C'est pour ça que le juge des enfants a dit "stop" et il m'a parlé d'Extra-Balle », raconte une des jeunes dans le livret de témoignages édité par le conseil général des Côtes-d'Armor à l'occasion des dix de l'association (*). « Soit tu vas à Extra-Balle, soit tu pars en maison de correction à Rennes. Tu parles d'un choix ! (...) Tout ce qu'il m'a dit, c'est tu vas passer six semaines au centre et après tu pars en Afrique. Tu réfléchis, on en reparlera. Moi je me suis barrée, je suis pas revenue. J'avais pas envie d'aller en Afrique... ». Extra-Balle est une structure d'accueil non traditionnelle, mais aux règles strictes, acceptées par le jeune. « On ne fugue pas d'Extra-Balle, on s'en va ». La pédagogie est basée sur le volontariat et, surtout, la volonté d'avancer. Tous n'iront donc pas en Afrique. Sur les 375 jeunes accueillis depuis 1998, seulement 266 sont partis, au Mali ou au Burkina. Préparé au voyage, chaque jeune est ensuite accueilli sur place par « un grand frère » qui va l'emmener dans sa famille, avec qui il va voyager, accomplir « un exploit » (gagner Tombouctou en utilisant tous les moyens de transport locaux, par exemple), travailler ou retourner à l'école. « Ce n'est pas le Club Med et le billet d'avion pour Bamako est vite amorti, avec le coût très modique des transports et de la vie en Afrique », notent les éducateurs.

Le concept de rupture

Le concept de ces séjours de rupture a été imaginé par Dominique Richer, décédé subitement en 2002, à l'âge de 38 ans. C'est après avoir passé plusieurs années à travailler avec les enfants des rues au Mali qu'il a eu l'idée d'utiliser la réalité de l'Afrique pour permettre aux jeunes de cheminer dans leur propre vie. « C'était quelqu'un qui avait une idée géniale tous les jours, quelqu'un de passionné, qui aimait le défi », raconte Martine Le Moal, directrice, à ses côtés depuis le début d'Extra-balle, comme plusieurs éducateurs. L'association lui a survécu et compte aujourd'hui une quinzaine de salariés. Installée à Plélo, puis au village de Nervet-Hir en Ploumagoar, la structure a l'esprit d'une maison et non d'un foyer. Côté jardin, un totem veille sur tous les jeunes qui s'y sont succédé. Tous y ont laissé leur marque, tailladée dans le bois. * Dans « Totem de papier », Marc Saada, écrivain public, a recueilli le témoignage de jeunes. Vendredi, ces textes seront mis en scène par la compagnie Fiat Lux de Saint-Brieuc. Un film de 26 mn sera également dévoilé au public .

Le Télégramme - 10 septembre 2008

 
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